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Histoire de l’arrivée de l’âne au Québec

Grâce à des témoignages écrit, on connait assez bien les circonstances de l’arrivée des premiers ânes au Québec. En voici le récit.

Article mis en ligne le 16 septembre 2015
dernière modification le 15 août 2016

par christian

L’âne a toujours été utilisé pour les travaux agricoles, de transport, de mine et de construction un peu partout dans le monde. Il travaille fort, il est robuste et il est facile à entretenir. C’est donc l’auxiliaire indispensable de toute nouvelle colonie qui veut prospérer.

En 1620, les premiers ânes arrivent à Québec. Le Père Denis Jamet, un des quatre premiers missionnaires a venir au Canada, fondateur du couvent des récollets de Notre-Dame-des-Anges raconte dans ses relations le 15 août 1620 :

« Nous avons amené un âne et une ânesse pour notre commodité. Nous nourrissons aussi des pourceaux, un couple d’oies, sept paires de volailles, quatre paires de canards. Quant aux vaches et chèvres, nous ne sommes pas en volonté d’en nourrir que l’année prochaine que nous serons mieux accommodés. »

Le frère Gabriel Sagard, récollet, considéré comme le premier historien religieux du Canada nous raconte l’arrivée des premiers ânes vers 1620 en Nouvel France et l’effroi qu’ils inspirèrent aux Indiens.

« Il arriva, écrit-il dans son Histoire du Canada, un petit trait gentil à la descente de ces animaux, car comme les Sauvages furent avertis qu’il y avait aux barques deux bêtes étrangères, tous accoururent au port pour en avoir la vue et se tinrent là cois, tandis qu’on les débarquait, ce qui ne fut pas sans peine, mais le plaisir fut à leur beau ramage, car ils (les animaux) commencèrent d’entonner leur note, qu’ils rehaussaient à l’envi, à mesure qu’ils sentaient le doux air de la terre ; tous les Sauvages en prirent telle épouvante qu’ils s’enfuirent tous à vau-de-route dans les bois, sans qu’aucun regardât derrière soi pour se défendre de ces démons. Que voilà de furieuses bêtes, disaient-ils, que les Français nous ont amenées, ou pour nous dévorer ou pour nous réjouir de leurs airs musicaux. »

La vie de ses pionniers Asins fut difficile et pénible, car les hommes étaient plus rudes que le climat, et le premier mâle fini très mal comme en témoigne ce récit de frère Gabriel Sagard :

« Les hivernants de Québec, les ont tellement fatigués qu’enfin ils y ont fait mourir l’âne et n’y reste plus que l’ânesse que nous laissons tout l’été coucher parmi les bois et en liberté de se nourrir où elle veut, sinon pendant l’hiver qu’elle se retire en une petite étable que nos religieux lui ont fait accommoder à la basse-cour de notre couvent. L’ânesse désolée d’être seule lia amitié avec un cochonnet, lequel, ayant lui aussi perdu ses compagnons, ne demanda pas mieux. Et les deux prirent telle amitié par ensemble que depuis jamais ils ne se séparèrent ; si vous en voyiez un, vous étiez assuré de voir l’autre à trois pas de là. »

On trouve quelques autres écrits sur les premiers ânes ainsi dans la Relation de 1634, que j’ajouterais dès que j’ai 5 min.

En 1634, le frère Gabriel Sagard écrit : « On a cette année amené quelques ânes qui rendent de grands services »

Par divers documents, on sait qu’en 1681 il y en avait au moins 8, en 1693, au moins 15. L’âne était un des biens les plus précieux du colon qui le léguait à ses descendants, on trouve pas mal de témoignages écrit. Il était aussi un cadeau apprécié que faisaient les gouverneurs aux colons méritants.

Si les premiers ânes arrivèrent à Québec et participèrent à sa fondation, il reste peu de chose de leurs souvenirs sinon peut être un nom de rue. La rue des Grisons, située près du château de Frontenac, a été appelée ainsi, car de petits ânes gris, surnommés ’’grisons’’ se rendaient au moulin, situé au bout de la rue Mont-Carmel, chargés de grains.

Les ânes actuels sont les descendants des ces ânes pionniers au destin parfois tragique. Petit à petit, ils prospèrent et partirent reconquérir le nouveau monde qu’ils avaient quittés il y a 10 000 ans sous la pression de la chasse (âne du Yukon). Les descendants des ânes Français sont présents maintenant partout en Amérique. Au XIX siècles, ils vivaient par millier dans chaque région du Québec, travaillant dans les mines, dans les fermes et à la production de mulets pour le transport. À l’île du grand Calumet, où la dernière ânesse et sa fille sont chez moi, il y en avait pas loin d’un millier.


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