L’alimentation de l’âne
Article mis en ligne le 20 novembre 2017
dernière modification le 18 juillet 2018

par christian
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 Dans la nature

Il n’est pas inutile de rappeler que l’âne est un animal qui à l’origine vit en zones arides ou semi-désertiques. La nourriture est peu abondante, épineuse, fibreuse, sèche. Pour trouver de quoi se nourrir, il doit faire entre 35 et 45 km par jour.
Chez nous, il est sédentaire et suralimenté, le contraire de son milieu naturel. Il est donc important de bien le nourrir en choisissant un foin adapté et en lui donnant la juste dose en plusieurs fois dans la journée.

 Les aliments pour l’âne

Abordons le sujet souvent mal compris de l’alimentation de l’âne. Nous avons vu que l’âne était un animal de désert, frugal, qui parcourt de longues distances chaque jour pour se nourrir. Dans notre monde tempéré, il a deux ennemis, la nourriture qui est trop riche et la sédentarité. Dans notre monde d’abondance, on veut le meilleur pour nos animaux et le meilleur pour l’âne est la frugalité. L’âne est un gourmand et il fera le pitre pour avoir des aliments défendus. À vous de tenir bon, sa santé et sa survie en dépendent. Voici un récapitulatif des aliments que l’on peut donner à l’âne :

Le foin :

Le système digestif de l’âne est conçu pour une valorisation optimale d’une nourriture maigre. Il est de très loin supérieur à celui des chevaux. Un âne n’est pas un cheval et ne s’alimente pas comme un cheval. Il a des besoins spécifiques. L’âne craint une alimentation trop riche, azoté, attention à la composition du foin ! Le foin idéal sera de bonne qualité, riche en fibres, pauvres en protéines, en calories et associé à un peu de paille BIO. NE JAMAIS DONNER UN FOURRAGE RICHE EN CALORIES.
Aux ânes, on donne du foin appelé « foin à chevaux ». Il est souvent trop riche. Il n’a pas besoin d’être riche en protéines. Important, il ne doit pas avoir pris la pluie. Les foins riches en luzerne et en trèfle sont trop riches pour nos ânes.

Il doit être parfait, bien vert, sans aucune poussière. Il ne doit y avoir aucune plante toxique. La présence de fougères, prêles, d’arbustes peut poser des problèmes et est un indicateur d’un mauvais foin. Votre maréchal-ferrant ou votre vétérinaire pourra vous aider à évaluer la qualité du foin S’IL CONNAÎT LES BESOINS DES ÂNES, ce qui n’est souvent pas le cas. Il vous faudra apprendre à identifier les plantes à problème et ne pas acheter de balles de foin en contenant. L’idéal est d’acheter une première coupe tardive. Le foin est plus fibreux et moins riche. Si on ne nourrit un âne qu’avec du foin, il faudra le rationner pour ne pas qu’il grossisse. Il dévorera tout ce qui est en bois, mangeoire, bâtiment, poteaux…

La paille :

C est l’aliment idéal pour l’âne. Dans les climats tempérés, les ânes sont nourris de paille. Il faut prévoir des balles de paille (bio de préférence, la paille ayant eu des fongicides ou des pesticides peut-être toxiques pour nos ânes).
La paille améliore l’assimilation des aliments comme un foin trop riche ou des céréales. La paille apporte des fibres indispensables à l’âne et lui évitera peut-être de dévorer vos piquets de parc et vos bâtiments.
La paille doit être d’orge, d’avoine ou de blé. La paille de blé est plus absorbante quand utilisée comme litière. La paille d’orge ou d’avoine est plus nourrissante. La paille d’orge doit être préférée lorsque disponible. Elle meilleure pour l’âne et plus tendre. Il faut éviter la paille de seigle qui est irritante. La paille doit représenter au moins 20 à 25 % de la ration, l’idéal étant de laisser un accès à volonté à la paille.

En hiver, en cas de gros froid, avoir de la paille à volonté permet aux ânes de grignoter et de maintenir le système digestif en fonction et de ce fait de garder une bonne chaleur corporelle.

Le sel

L’âne a un grand besoin de sel.
On trouve dans le commerce des blocs de différentes couleurs. Chaque couleur correspond à une composition différente.

  • Le blanc contient du sel
  • Le rouge a en plus de l’iode
  • Le bleu a en plus de l’iode et du cobalt.

Pour ceux qui ont de l’iode, il ne faut pas dépasser cinq ppm d’iode, plus peut être toxique pour les ânons. Les ânes ont souvent besoin d’un complément en calcium et phosphore. Il existe aussi des pierres avec des minéraux divers dont les compositions varient selon les fabricants et dont certains peuvent être brun et qui contiennent : (calcium, phosphore, sodium, chlorure, magnésium, potassium et soufre), des oligoéléments (fer, zinc, iode, cobalt, manganèse, molybdène et sélénium) et des vitamines (A, D et E). Attention, ne jamais donner de pierres ou autres avec du cuivre, risque d’intoxication mortel. Il est présent sous forme d’oligoélément par exemple dans certaines préparations pour bovins par exemple.
Si l’on donne du sel plus un bloc de minéraux, attention à l’iode présente dans les deux. Donner donc du sel blanc, sans iode.

L’orge

Dans certains cas comme une lactation difficile, un hiver très froid, un âne qui travaille, on peut donner de l’orge à l’âne. C’est la seule céréale que l’on peut donner à l’âne sans danger. Par exemple, en hiver, lorsque la température s’installe durablement sous les moins 30, il m’arrive de complémenter la ration de foin avec 200 grammes d’orge par jour et par âne. On peut monter jusqu’à 1 kg par jour (pour un âne de 250 kg) au MAXIMUM pour des ânes malades, des ânesses gestantes mais attention aux ânes sensibles aux fourbures, cela en déclenchera une inévitablement.

Le bois

Le bois est une composante normale de l’alimentation de l’âne. Il favorise sa digestion, car l’âne a un grand besoin de fibres et il a besoin d’avoir quelque chose à ronger. Il est conseillé de mettre à sa disposition un tronc de bois non toxique comme du hêtre ou du bouleau par exemple qu’il rongera selon ses besoins. Au Val a l’âne, tous les automnes, on plante dans le parc deux gros poteaux que les ânes rongent selon leurs envies. Rappel : l’âne ne doit avoir accès à aucun bois traité ou peint, car il risque une intoxication mortelle.
La digestion de l’âne
L’âne, comme le cheval, digère beaucoup plus avec son intestin qu’avec son estomac qui est petit. Il met deux jours pour digérer complètement ses aliments. L’âne ne peut pas recracher ou vomir ce qu’il mange. Pour bien digérer, un âne a besoin de lest (foin ou paille). L’âne mastique lentement. Il trie et choisi avec soin sa nourriture.

 LA DIGESTION DE L’ÂNE

L’âne, comme le cheval, digère beaucoup plus avec son intestin qu’avec son estomac qui est petit. Il met deux jours pour digérer complètement ses aliments. L’âne ne peut pas recracher ou vomir ce qu’il mange. Pour bien digérer, un âne a besoin de lest (foin ou paille). L’âne mastique lentement. Il trie et choisi avec soin sa nourriture.

 Distribution du fourrage

Automne :

En fin d’automne, je les laisse au pâturage et je leur donne juste un appoint en paille qui devient une ration complète lorsque les pâturages sont épuisés.

Hiver :

En hiver, je donne une ration constituée de foin et de paille à volonté si possible.
Le foin est rationné. Je donne 50 à 100 % de la ration de foin selon la température.
Si je n’ai que du foin, je module la distribution selon la température.

Printemps :

Au printemps, quand l’herbe est assez haute, je leur donne un peu de paille le matin puis l’après-midi, je les laisse pâturer. (50 % de la ration).

 Danger

  • Ne JAMAIS donner aux ânes de mélanges de grains. Ils contiennent des aliments nuisibles à la santé de nos ânes.
  • Ne JAMAIS donner aux ânes des aliments pour chevaux. Vous condamnerez à court terme votre âne à la fourbure et à long terme à une mort prématurée.
  • Ne Jamais donner de blé ou d’aliment à base de blé comme du pain à un âne. Il le digère mal et sera malade.
  • Ne JAMAIS donner d’avoine à un âne, l’avoine échauffe le sang, les rend nerveux et irritables. L’avoine fragilise son foie.
  • Ne JAMAIS donner de maïs, bien trop gras pour nos ânes.
  • Lorsqu’il est face à des aliments tels que des moulées, il perd toute prudence et toute constance. Il peut devenir glouton et en avaler une grande quantité en très peu de temps. Outre le fait que ces nourritures ne sont pas adaptées à ses besoins et préjudiciables à sa santé, elles peuvent provoquer des fermentations intempestives, « des nœuds » dans l’intestin et un blocage intestinal qui peut tuer un âne en bonne santé en quelques heures.