Renouveau ou déclin ?
Article mis en ligne le 24 mars 2017

par christian
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Lorsque nous avons acheté notre ferme il y a 20 ans, nous voulions avoir un âne. Personne ne connaissait l’âne et nous passions pour des originaux. Il nous a fallu six mois de recherches avant de trouver Sissi. Ensuite, nous avons épluché les annonces, parcourus les encans, nous n’avons trouvé que des ânes en mauvaise santé, sabots non taillés et infirmes. Petit à petit nous nous sommes mis à les acheter et à les accueillir, à les soigner. Nous nous sommes rendus compte que la connaissance de l’âne, de ses besoins vitaux était perdue et que les ânes, souvent peu considérés, étaient élevés comme des chevaux. Mal nourri où trop nourri, souvent atteint de fourbures chroniques dues à une alimentation inadaptée, peu aimés, ils finissent à la boucherie ou piqués par un vétérinaire qui ne comprend pas que l’on puisse faire des frais pour un animal de si peu de valeur !

 Un grand oublié

Comment un animal aussi commun que l’âne au Québec jusqu’aux années 50 a-t-il pu sombrer si vite dans l’oubli ? Dans les fêtes de village, les anciens vous le diront, il y avait des courses d’ânes. Il y avait aussi des parties de polo sur des ânes.

Moins de 50 ans plus tôt, il était encore un compagnon de labeur des agriculteurs et des mineurs, il vivait par milliers dans les campagnes. La mécanisation l’a remplacé. Il n’a pas totalement disparu, car il y a toujours eu quelques amoureux pour en garder ou quelques éleveurs qui ont utilisé ses talents de gardien de troupeau.

Maintenant, il est devenu animal de compagnie, compagnon de randonnée et est utilisé en zoothérapie. Il a perdu toute utilité, mais sa gentillesse a séduit de nombreux néo ruraux qui n’envisagent pas de vivre à la campagne sans ânes.

Je recherche, retrouve, partage le savoir perdu avec un seul but, permettre aux ânes de prospérer dans de bonnes conditions au Québec et en climat nordique.
En effet, toute l’information que l’on trouve sur l’âne est faite pour des climats tempérés ou chauds et il n’existe aucune information sur l’élevage de l’âne en climat froid.

 Quel avenir pour les ânes québécois ?

Après avoir fait travailler durement l’âne, l’homme s’en est désintéressé. Les machines l’ont remplacé et il a perdu toute rentabilité. Pour acquérir les machines, l’homme a dû s’endetter et doit travailler maintenant comme un âne pour payer ses dettes. Juste retour des choses !

Même s’ils sont peu fréquents au Québec, les ânes de Nouvelle-France ont conquis l’Amérique. On les trouve partout, en Ontario, dans l’Ouest, aux États-Unis. Ils sont parfois métissés avec des ânes espagnols, mais ils sont toujours bien présents.

Le seul travail régulier que fasse encore l’âne au Québec est le gardiennage de troupeau. Il chasse les loups ou coyotes de troupeau de vaches, de moutons ou de chèvres. L’âne excelle dans ce domaine et a prouvé son efficacité en Afrique, en Australie et aux Usa. Pour qu’il soit efficace et performant, il faut un âne en bonne forme. Un chapitre du livre est consacré à ce sujet pour vous aider à comprendre et à mieux utiliser vos ânes gardiens de troupeau.

 L’âne de loisir

L’âne a perdu son statut de travailleur pour devenir animal de compagnie. Est-ce un mal ? Oui et non.

Quand l’animal de compagnie est un jouet ou un objet de consommation, l’âne va vivre mille vicissitudes. Acheté sur un coup de tête, il est revendu lorsqu’il n’amuse plus les enfants ou lorsque l’on commence à comprendre la responsabilité que c’est d’avoir un animal domestique de cette importance. De nombreuses femelles, apte à la reproduction, se morfondent seules et n’auront jamais d’ânons alors que l’espèce disparaît. On voit souvent des ânesses avec des chèvres, des moutons, des cochons, dépressives, nourries avec des aliments qui ne leur conviennent pas, tomber malades et ensuite être piquées par le vétérinaire. Hélas, j’ai souvent constaté que par commodité, en prétextant des souffrances passagères, on ne soigne pas, on pique et on en rachète un autre... Cela coûte moins cher....

Heureusement, de nombreux ânes connaissent un sort plus enviable. Considérés comme ami de la famille, ils sont gâtés, chouchoutés et ont une vie enviable. Et si en plus, l’âne est éduqué, part en balade avec son maître ou travaille, alors là, c’est le grand bonheur pour l’âne. Le lien qui va se créer entre un âne qui travaille et son maître est un lien fort. L’âne adore travailler et faire plaisir. Il aime que l’on s’occupe de lui, qu’on le cajole et qu’on le bichonne. Mais n’oubliez pas, un âne seul est un âne triste et toutes les caresses du maître ne remplaceront jamais la compagnie d’un de ses congénères.

 Quelques activités faites par des ânes québécois actuellement.

L’âne a un gros potentiel. Équitation, attelage, maraîchage, producteur de fumier, de lait aux multiples vertus, randonnée pédestre… Il ne demande qu’à reprendre sa place dans la vie économique et qu’a prospérer. Souhaitons-lui de trouver sa voie au XXI siècle après son rapide déclin du XXe siècle.

  • Animal de compagnie.
  • Gardien de troupeau.
  • Producteur de lait pour la savonnerie et cosmétiques.
  • Labourages et travaux de la ferme.
  • Récolte de sève de sapin baumier
  • Récolte d’eau d’érable
  • Randonnée pédestre
  • Animal de Zoo
  • Zoothérapie
  • Attelage
  • Équitation
  • Production de fumier